Soutenez le PS

Adhérez au PS

A la une !

  Mon déplacement à Alger pour le Forum « Pour un Maghreb Progressiste », Alger 11 Avril 2013

Compte Rendu

IMG_0133

Le 11 avril dernier s’est tenu à Alger la conférence « Pour un Maghreb progressiste » du Global Progressive Forum en partenariat avec le Front des Forces Socialistes (FFS), parti politique Algérien membre de l’Internationale socialiste.

 

Le président du groupe parlementaire européen Socialistes et Démocrates (S&D) Hannes Swoboda, les eurodéputés Véronique De Keyser, Pier-Antonio Panzeri, Gilles Pargneux et des députés socialistes du Maghreb (algériens, tunisiens et marocains) ont à cette occasion appelé au lancement d’un agenda progressiste pour les deux rives de la Méditerranée.

 

La conférence s’est déroulée devant approximativement 200 personnes (cadres du FFS, parlementaires, étudiants, société civile algérienne, etc.) en deux tables rondes  :

  • « La justice sociale au service de l’emploi et de l’inclusion des jeunes: comment développer une vision progressiste de l’économie algérienne »
  • « L’union européenne et l’intégration régionale au Maghreb »

L’ouverture de la conférence commence par l’intervention de Javier Moreno Sanchez, député européen et secrétaire général du Global Progressive Forum. Il explique que le but de la mission de son groupe en Algérie consiste à initier le dialogue et l’échange de visions entre les deux rives de la Méditerranée, il rappelle que le groupe parlementaire S&D  constitue la deuxième force du Parlement européen.

 

Après lui, c’est au tour de Hannes Swoboda, président depuis 2012 du groupe parlementaire européen S&D de prendre la parole

 

. Il commence son allocution par un émouvant témoignage de sa jeunesse passée en Autriche.. Il rappelle ensuite le contexte dans lequel se tient cette conférence à Alger, il rappelle que l’Union pour la Méditerranée doit avant tout être une union des peuples, au moment où se développe plus ou moins facilement le processus de transition démocratique issu du printemps arabe dans la région. D’après lui un nouveau cadre institutionnel est nécessaire pour faire avancer les valeurs de justice sociale et de dignité humaine demandées par les peuples. Hannes Swoboda aborde aussi une question récurrente ici en Algérie, à savoir le régime des visas et de la mobilité, il a souligné à ce titre que l’immigration, l’intégration et le « vivre ensemble » étaient essentiels entre l’Algérie et l’UE.

 

Lui succédant, Ali Laskri, Premier secrétaire du FFS, rejoint Hannes Swoboda et appelle tout comme lui à une initiative euro-maghrébine pour asseoir un partenariat d’égal à égal fondé sur les principes du juste échange, des droits fondamentaux et de la démocratie entre l’UE et le Magrheb. « L’enjeu est vital pour l’Algérie pour revenir dans le concert des nations » a t’il souligné.

 

La première table ronde, consacrée à la justice sociale au service de l’emploi et de l’inclusion des jeunes, est animée par Javier Moreno Sanchez :

  • Hayat Taiati, députée FFS d’Alger, aborde le sujet « Pour un nouveau code du travail en Algérie ». Elle se lance dans une diatribe sans complaisance pour dire qu’il n’y a pas de travail sans justice, comme il n’y a pas de justice sans travail. D’autres questions sont abordées par la députée : la santé des travailleurs et l’augmentation des salaires se trouvent selon elle bien bafouées et parfois instrumentalisées par l’employeur.
  • Dalila Kaci, avocate des chômeurs du sud algérien, témoigne que les jeunes Algériens qu’elle a défendus sont ambitieux, nationalistes et conscients de tout ce qui les entoure. Hélas ! Ils se sentent marginalisés, et privés même de leur droit de revendiquer du travail.
  • Gilles Pargneux, député européen et secrétaire national du PS, constate que le Maghreb est à la croisée des chemins, d’après lui la société civile exprime fortement ses revendications et il ya une vraie participation à la vie politique et à un combat pour une vie plus digne et pour une bonne gouvernance. Pour lui le plus important est d’ouvrir les opportunités économiques pour tous à travers des institutions démocratiques stables et la bonne gouvernance, développer les infrastructures publiques, instaurer la justice sociale, les libertés de rassemblement, de réunion et les libertés syndicales.Il tient à rappeler que la défense des droits humains par la société civile et la lutte contre la corruption sont le cheval de bataille de toutes les forces progressistes qui doivent maintenir la lutte pour un véritable dialogue social, et au-delà, une véritable démocratie sociale.
  • Abdelhamid Abbas député FFS pour la wilaya de Bordj Bou Arriridj, fait la promotion d’une société civile marquée par l’alternance au pouvoir, le respect des droits humains et l’égalité des chances entre tous les citoyens.

 

Le débat avec la salle voit les interventions de jeunes venus d’Europe et d’Algérie au sujet des inégalités sociales et économiques, du besoin d’un renouveau politique, des résultats néfastes de la politique néolibérale menée en Europe, etc.

 

La deuxième table ronde est animée par Nadjia Bouaricha, journaliste algérienne à El Watan et porte sur « L’Union européenne et l’intégration régionale au Maghreb »:

  • Véronique De Keyser, députée européenne belge et vice-présidente du groupe S&D, rappelle qu’il est primordial d’éveiller les consciences à l’importance de l’intégration régionale dans un nouvel ordre mondial pour un meilleur « vivre ensemble ». Les différences géographiques et linguistiques, d’après elle, n’empêchent pas de s’asseoir autour d’une même table, parler et écouter sur les différents sujets d’actualité. « Nous continuerons à soutenir nos partis frères dans la région et en Algérie, en particulier lors des processus électoraux, car les élections transparentes et équitables sont le fondement même de la démocratie ». Véronique se dit scandalisée par la manière avec laquelle l’Europe traite l’émigration caractérisée par l’absence d’une politique commune en matière d’accueil ou de refoulement, la politique ultralibérale reste un frein qu’il faudra bien surmonter.
  • Très attendu par les militants FFS présents dans la salle, Ahmed Bettatache, chef du groupe parlementaire du FFS, se lance dans un discours engagé. Il trouve que les pays du Maghreb constituent des petits marchés économiques. Le libre-échange pourra augmenter le taux de développement commercial de chacun de ces pays. L’absence de cohésion entre les pays du Maghreb a pesé négativement sur l’accord avec l’Union Européenne. L’énergie existe dans notre région, mais elle se trouve monstrueusement exploitée par d’autres, s’étonne le député pour qui la réouverture des autoroutes et des chemins de fer réduira le cout des transports entre les pays, ce qui aidera à une meilleure circulation de marchandises. Aujourd’hui, les pays du Maghreb payent la facture de l’absence d’une politique d’intégration, ils subissent le chômage, la précarité et le manque de projet en faveur d’une jeunesse se trouvant hélas, à la marge. Ledit projet est selon le député une condition sine qua non pour un véritable développement.
  • Abdellatif Abid, du parti tunisien Ettakatol, adresse d’abord un message d’amitié du parti tunisien et de son bloc parlementaire aux participants. Le Maghreb arabe est une entité qui existe, mais qui n’est pas opérationnelle. Nous avons besoin que ce Maghreb existe, le coût du non-Maghreb est lourd, l’absence d’une Union maghrébine ne sert pas le développement du Maghreb, le développement économique ne signifie rien sans un véritable développement social et politique.
  • Antonio Panzeri, euro député italien exprime son point de vue sur les questions d’intégration et de libre-échange. Dans le cadre des échanges qui sont en œuvre, le thème de l’intégration régionale est un aspect très important. Le Maghreb est une région ayant une très grande capacité de développement, hélas ! il constitue un lieu où l’intégration est très difficile, ce qui constitue la problématique de cette intervention. Selon le député, il faut des réformes démocratiques, les citoyens doivent participer à la vie publique dans tous les pays, l’accès à l’information et à la justice doit être accéléré, tout comme le renforcement des partis démocratiques, ceci doit se faire aujourd’hui et non demain à t’il souligné.

 

Les débats après cette seconde table ronde ont été vifs, et quelques intervenants ont été critiques à l’égard de certaines politiques européennes conservatrices sur des questions pourtant essentielles.

Redha Djeghaba,
Secrétaire de Section PS Ananba, Algérie

DSC_0340DSC_0186